Témoignage tutrice ALVE

 L’assistant de langue vu par l’enseignant

Dans le cadre de la formation annuelle des assistants de langue et des  tuteurs, la DAREIC vous propose une série d’interviews d’enseignants qui ont généreusement accepté de partager leur expérience avec ce témoin vivant d’une langue et d’une culture venu des quatre coins du monde ! Qu’ils en soient vivement remerciés !

Commençons notre série avec Nathalie Cancel, professeure d’anglais au lycée Victor Schoelcher de Fort de France, qui accueille dans son établissement, tous les ans, des assistants de langue vivante étrangère (ALVE).

Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions lors de la session de formation des ALVE qui a eu lieu au début de ce mois.

Ses réponses très nourries apportent un bel éclairage sur l’intérêt et la plus-value incontestables de l’ALVE.

Bonne lecture !

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  1. Pourquoi avez-vous choisi d’accueillir un ALVE ? 

Il est toujours intéressant d’avoir au sein d’un établissement la présence d’un locuteur natif, originaire d’un pays dont on enseigne la langue. Pour les professeurs, l’assistant est une personne ressource importante, qui assure le lien entre les contenus enseignés et la réalité culturelle, civilisationnelle et linguistique de son pays. Il apporte sa jeunesse et sa façon de penser au sein des équipes pédagogiques. Pour les élèves, il est un ambassadeur de son pays, il éveille toujours curiosité et intérêt. Il est une référence, un modèle à suivre au plan linguistique. Enfin, il peut aussi servir de modèle positif, car il est étudiant, il voyage et est en cours de construction de son parcours professionnel.

  1. Qu’est-ce que cela suppose d’accueillir un ALVE?

Accueillir un ALVE suppose l’envie chez les professeurs de faire profiter les élèves d’une autre approche du travail en langue : intervention de l’assistant au sein des cours de langues pour apports spécifiques, travail par petits groupes ciblé sur certaines activités ou compétences, pédagogie différenciée, intégration de l’assistant dans des projets, petits ou grands, centrés sur les progrès en langue, la préparation de voyages, les défis… L’intervention de l’assistant peut s’étendre également à des cours de disciplines non linguistiques et favoriser les pratiques interdisciplinaires.

En tant que tuteur, on est souvent amené à apporter de l’aide à l’assistant lors de son installation. Et de façon plus générale, on veille à ce qu’il s’intègre socialement et culturellement en lui proposant,  par exemple, sorties, activités, rencontres, et tout simplement en répondant à ses questions. On l’aide à s’adapter à un nouvel environnement, une nouvelle culture.

  1. Avez-vous déjà eu un ALVE les années précédentes ?

Oui, au cours des deux dernières années, nous avons accueilli deux assistantes venant de Londres et ayant étudié respectivement à l’Université de Warwick et à University College London. L’une était d’origine polonaise et participait au club ‘magazine’ du lycée. Elle avait déjà beaucoup voyagé et eu l’occasion d’enseigner l’anglais à l’étranger. Elle parlait quatre langues. L’autre  était d’origine russe, spécialisée en théâtre, et parlait aussi quatre langues, dont l’allemand et le russe couramment.

  1. Quelle plus-value ?

L’emploi d’un assistant permet incontestablement aux élèves d’avoir une pratique plus approfondie et plus individualisée de la langue, d’être en contact avec une langue authentique, et d’avoir un autre ‘modèle’, d’autres références que ses professeurs. Par le biais des différentes activités l’impliquant, les élèves découvrent que l’assistant est une personne ressource qui enrichit leur parcours scolaire et qui peut aussi être proche d’eux.

Par ailleurs, l’assistant se révèle très souvent avoir des compétences qui profitent aux enseignants et aux élèves, comme la connaissance d’un domaine particulier (scientifique, artistique…) pouvant être mis en œuvre dans une séquence ou au sein du lycée, ou encore une aisance dans le maniement de certains outils technologiques ou autres, qui aide à la réalisation de tâches ou de projets.

Dans notre lycée, il motive également le personnel en animant un club de conversation une heure par semaine.

Naturellement, sa simple présence est synonyme d’ouverture sur le monde, sur l’autre, sur l’étranger.

  1. Quel projet(s) avec l’assistant y compris au bénéfice de  l’ouverture à l’international ?

Cette année, l’assistant devrait intervenir dans un projet global d’amélioration des compétences en langue des élèves : en fournissant des apports spécifiques en classe et en travaillant en co-animation avec le professeur, en travaillant des compétences particulières en petits groupes et en préparant individuellement les élèves aux examens.

Il devrait aussi co-animer un atelier sur le débat en anglais au sein d’un groupe de 1ère euro-caribéenne, en vue de la participation des élèves au concours académique (2016 High School Debating Contest).

Il devrait apporter sa contribution à la rédaction du magazine multilingue du lycée.

Enfin, il devrait intervenir dans des cours de DNL (management et physique-chimie) lors d’activités visant à faire découvrir des applications de ces disciplines en contexte anglophone. Il participera à la préparation aux voyages prévus pour les sections euro-caribéennes (Floride et Trinidad).

Une année qui s’annonce bien remplie !…