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La France et le monde face à DAESH. Conférence des Élèves de l’atelier science po sur A.T.V.

 

débat Daesh

  Celine Bachelier et Eva Schembri  de l’atelier science po  de                terminale ont organisé et animé une conférence-débat hier
matin au Lycée.

      pour voir le reportage sur ATV (cliquez sur le lien  ou sur une des  images) :

http://atv.mq/infos-2687-les-lyceens-du-francois-debattent-sur-letat-islamique-.html

 


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Les origines de Daech (le conflit irakien et syrien)

Par Eva Schembri (TS2)

 

Introduction

 

Daech est né en Irak au milieu des années 2000 avant de s’implanter aussi en Syrie grâce à la guerre civile qui a commencé en 2011. Il est donc important de revenir sur les origines de la guerre en Irak et en Syrie pour comprendre la situation actuelle. Mon exposé aura donc deux parties :

  • Le conflit irakien
  • Le conflit syrien

 

1)    Le conflit irakien.

 

L’Irak est un pays divisé entre les chiites, les sunnites et les Kurdes. Il existe de grandes tensions entre les chiites et les sunnites (que Céline présentera ensuite) tandis que les Kurdes sont une minorité ethnique qui lutte pour l’autonomie du nord de L’Irak où elle vit. La politique américaine menée contre Saddam Hussein, dictateur sunnite au pouvoir de 1979 à 2003 a, sans le vouloir, fait le lit de Daech.

 

a)      Les origines du conflit.

 

En 1990, l’Irak envahit le Koweït. Cette agression est inacceptable pour les Etats-Unis qui veulent faire respecter le droit international. Sous l’égide de l’ONU, une vaste coalition est formée pour rétablir la souveraineté du Koweït. L’Irak est battu, mais la guerre du Golfe ne résout pas le problème de la dictature de Saddam Hussein qui est laissé au pouvoir, ce qui aggrave les tensions internes car le pouvoir se venge contre les chiites et les Kurdes. L’installation de bases américaines dans le Golfe sert aux islamistes de prétexte pour dénoncer l’Occident qui vient souiller les lieux saints de l’islam : cela entraîne la montée en puissance d’Al Qaïda.

 

 

 

b)    Les réponses inappropriées des Etats-Unis face à la montée de l’islamisme radical.

 

A la suite des attentats du 11.09.01, George W. Bush déclare la guerre au terrorisme et les Etats-Unis interviennent militairement en Irak en 2003. Cette intervention conduit au renversement du régime de Saddam Hussein, qui est exécuté, et à la mise en place d’un nouveau gouvernement. Le problème est que les Etats-Unis n’avaient pas la légitimité pour intervenir en Irak car les attentats commis à New York n’avaient aucun lien avec l’Irak. Le but des Etats-Unis est alors de surveiller l’Iran, qui cherche à se doter de l’arme nucléaire et à rayer Israël (protégé par les Etats-Unis) de la carte. Ainsi, les Etats-Unis veulent démocratiser le Moyen-Orient par la force pour faire d’une pierre deux coups : éradiquer le terrorisme et stopper les visées expansionnistes de l’Iran. Cependant, la longue occupation de l’Irak par les Etats-Unis ainsi que le soutien qu’ils ont apporté aux chiites ont provoqué une montée de l’islamisme radical et l’apparition progressive de Daech, organisation née en Irak d’une séparation d’avec Al Qaida (Céline vous en parlera plus précisément dans le 2ème exposé).

 

c)     Aujourd’hui.

 

A la suite de G W. Bush, B. Obama entame une politique étrangère de désengagement à partir de 2009. Le retrait des forces américaines est achevé en 2011. Cependant,l’Amérique d’Obama n’a pas cessé d’intervenir militairement : elle agit surtout par bombardements aériens et par l’utilisation de drones. Cette façon d’intervenir, plus discrète et moins coûteuse, a surtout pour but d’éviter de se retrouver enlisé dans un nouveau conflit au sol.

 

Il y a donc depuis 2014 une coalition arabo-occidentale qui intervient en Irak contre des groupes terroristes qui représentent une menace de plus en plus importante. Elle rassemble vingt-deux pays et mène principalement des opérations aériennespour contrer l’expansion de Daech qui a conquis d’importantes villes irakiennes. L’Iran intervient aussi pour soutenir le gouvernement irakien mais indépendamment de la coalition.

 

 

2)    Le conflit syrien.

 

a)     Les origines.

 

2011 a été l’année des révolutions arabes : après la Tunisie, l’Egypte et la Lybie, le printemps arabe en Syrie est un échec. Le dictateur Bachar al Assad n’a pas été renversé car il est soutenu par la minorité alaouite (des chiites qui contrôlent l’Etat) et a bénéficié de la neutralité bienveillante des chrétiens d’Orient. L’échec de cette révolution a augmenté le sentiment de frustration du peuple qui ne veut plus du « boucher de Damas » au pouvoir. La Syrie est en guerre civile depuis, opposant l’insurrection majoritairement sunnite et l’armée syrienne dirigée par le régime de Damas. Cette interminable guerre civile aide les islamistes à accueillir la jeunesse frustrée et sans perspective d’avenir. De plus, le chaos a entrainé une expansion plus facile et rapide de Daech en Syrie qui occupe désormais d’importantes villes du pays.

 

b)    L’internationalisation du conflit : deux camps.

 

Mais la guerre civile s’est aussi enlisée parce que les deux camps ont reçu des soutiens extérieurs, ce qui a entraîné l’internationalisation du conflit.

 

Les Alaouites sont aidés par des troupes au sol irakiennes et iraniennes car l’Iran et l’Irak sont des alliés de Bachar al Assad. De plus, la Russie qui est une vieille alliée de la Syrie est aussi engagée sur le terrain et effectue des bombardements aériens contre les rebelles syriens. La chine, quant à elle, affirme que la transition politique ne doit relever que de la volonté du peuple. Elle soutient ainsi Bachar, le seul pouvoir légitime à ses yeux, mais elle ne s’est pas engagée militairement.

 

Les principaux opposants de Bachar sont les rebelles, des musulmans sunnites qui sont très divisés mais de plus en plus dominés par des groupes islamistes dont certains proches d’al Qaida. Mais il y a aussi les Kurdes qui sont très impliqués dans ce conflit car ils luttent pour contrôler le nord du pays où ils sont majoritaires et où ils affrontent surtout les forces de Daech. Les Etats-Unis et l’Union Européenne soutiennent les rebelles et les Kurdes tout en bombardant Daech. De plus, les pays musulmans à majorité sunnite, tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie soutiennent les rebelles (du même courant religieux) en les finançant et en leur fournissant des armes.

 

c)     Aujourd’hui : résoudre le conflit syrien pour éradiquer la menace Daech

 

Les pourparlers de Vienne, concernant les principaux pays impliqués dans le conflit syrien, ont mené à un calendrier de transition politique en Syrie. En effet, des discussions doivent être organisées entre le régime de Bachar et l’insurrection pour mettre fin à la guerre civile et pouvoir ainsi se concentrer sur Daech. Des élections devraient avoir lieu pour que le peuple syrien, ainsi que les nombreux réfugiés, puissent décider du sort de Bachar et de l’avenir du pays qui sera peut-être réorganisé sur un mode fédéral afin de donner une autonomie à chaque communauté. Mais le processus sera sans doute long et difficile.

 

A la suite des attentats de Paris, F. Hollande a multiplié les rencontres avec les chefs d’Etat afin de coordonner les frappes contre Daech. Il a obtenu de l’aide de la plupart d’entre eux : les Etats-Unis vont intensifier les leurs, le Royaume-Uni engage son aviation en Syrie, et Poutine a accepté une coopération franco-russe de frappes aériennes contre Daech. C’est une première pour la Russie, car elle s’est engagée à ne plus cibler les groupes visés par Daech dont certains font partie de la rébellion contre Bachar.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DAECH

Par Céline Bachelier (TS1)

 

Introduction

 

Les attentats du 13 novembre dernier ont été commandités par Daech, acronyme utilisé par les Occidentaux pour qualifier l’Organisation de l’Etat Islamique, l’idée étant de ne pas prononcer le mot « Etat » afin de ne pas le légitimer. Malgré cette subtilité de langage, Daech est devenu plus qu’un mouvement terroriste, une sorte de proto-Etat à cheval sur la Syrie et l’Irak. Mon exposé a pour but d’en présenter ses principaux aspects intérieurs et ses relais avec l’extérieur. Mon plan sera le suivant :

  • Les origines historiques.
  • Daech : un territoire de mieux en mieux organisé.
  • Les filières djihadistes.

 

1)    Les origines historiques.

 

Daech est un mouvement sunnite qui considère les chiites comme le premier ennemi à éliminer. Il parait donc essentiel pour la compréhension de ce qui suit de rappeler les origines de la division entre les deux courants de l’islam.
A la mort du prophète Mahomet, ceux qui vont devenir les chiites  veulent désigner son successeur selon les  liens du sang tandis que les sunnites souhaiteraient davantage proclamer un homme ordinaire, compagnon de Mahomet, au nom du retour aux traditions. Ce sont les sunnites qui obtiennent gain de cause. Ils représentent aujourd’hui environ 85 % des musulmans du monde. Les seuls pays à majorité chiite sont l’Iran et dans une moindre mesure l’Irak. Les chiites voient aussi l’imam comme un guide indispensable tirant directement son autorité de Dieu si bien qu’en Iran, c’est le clergé qui détient le vrai pouvoir politique en la personne de l’Ayatollah Khamenei. Ainsi, les querelles sont de moins en moins religieuses mais de plus en plus politiques. En effet, les chiites, menés par l’Iran, sont en conflit ouvert avec les dirigeants sunnites, considérés comme corrompus et vendus au « Grand Satan » américain.

 

Maintenant que nous avons rappelé ces bases, afin de comprendre l’origine de Daech, il faut remonter au renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis en 2003. Dans ce pays où les sunnites ne représentent qu’un tiers de la population mais détiennent le pouvoir sous Saddam Hussein, ils se voient écartés et marginalisés à la chute de celui-ci. De nombreux sunnites dont les anciens cadres de l’armée se radicalisent en prison au contact d’Al Qaida et d’Al Baghdadi, qui deviendra par la suite le chef de Daech.

 

Daech finit par faire sécession d’Al Qaida en 2006 car le projet de Ben Laden était la guerre sainte, un djihad plutôt tourné vers l’international et contre l’Occident tandis qu’au départ Daech visait d’abord les chiites. L’organisation terroriste a ensuite profité du basculement de la Syrie dans la guerre civile, permettant ainsi la proclamation du califat en 2014.

 

2)    Daech : un territoire de mieux en mieux organisé.

 

Daech dirige aujourd’hui un territoire grand comme l’Angleterre, abritant 10 millions d’habitants, à cheval sur la Syrie et l’Irak où ils ont pris possession de villes clés telles que Mossoul, Raqqa ou Palmyre. Sur la carte, on peut distinguer les territoires qu’ils contrôlent bien (en foncé) et ceux sur lesquels le contrôle est plus léger (en clair).

 

L’Etat Islamique est aujourd’hui un proto-état avec un gouvernement, une monnaie (dinar d’or), une administration et une loi : la charia. Néanmoins, son but premier reste de regrouper la communauté musulmane. Cette expansion est d’ailleurs permise grâce à l’argent récolté grâce au pétrole, aux pillages, aux impôts (populations rackettées) ou encore aux dotations de certains dignitaires des pays du Golfe qui voient en eux un rempart contre le chiisme. Leurs moyens militaires sont importants car ils ont fait main basse sur une partie de l’arsenal laissé par les Etats-Unis en Irak.

 

Néanmoins, Daech a également (et heureusement) des faiblesses. Leurs ressources, comme le pétrole, finiront par s’épuiser à cause des bombardements. Surtout, il perd du terrain en Syrie au niveau de Kobané, perdue face aux Kurdes et plus récemment en Irak au niveau de Sinjar qui a aussi été reprise par les Kurdes. Désormais, la route stratégique entre Raqqa et Mossoul est coupée. Ce sont ces revers que Daech veut faire oublier en montrant sa force par des attentats spectaculaires.

 

3)    Les filières djihadistes.

 

Pour les perpétrer, Daech a mis en place une stratégie efficace : en effet, il recrute via les réseaux sociaux où des clips de propagande poussent de jeunes fanatisés étrangers à rejoindre ses rangs. Ainsi, ils sont plus de 3.500 occidentaux parmi plus de 20.000 étrangers à s’être ralliés à sa cause. Les objectifs de la propagande sont multiples : il faut convertir de jeunes étrangers, développer l’islamophobie en Occident et prouver à la population syrienne que l’Occident ne se préoccupe que des minorités (comme les chrétiens d’orient par exemple) et ainsi engendrer de la haine. Ils bénéficient aussi de la capacité de faire des attentats à l’étranger tels que ceux que nous avons subis à Paris ou encore plus récemment à San Bernardino aux Etats-Unis. De plus, une trentaine d’organisations islamistes ont fait allégeance, sans compter le soutien de la population locale qui vit souvent mieux aujourd’hui. En effet, Daech fait régner l’ordre, même si c’est par la terreur, et apporte des avantages matériels (électricité, eau, salaires…). Le vivier de djihadistes semble donc important, d’où l’urgence de mettre fin à la domination de Daech sur cette population.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La politique étrangère de la France

Par Eva Schembri (TS2)

 

Introduction

 

Depuis le début des années 1990, la France mène la guerre au terrorisme islamiste un peu partout : Algérie, Afghanistan, Mali, Irak, Syrie… Ce qui lui a valu d’être la cible de 19 attentats islamistes sur son sol en un quart de siècle. Certains se demandent si la France n’a pas eu tort de se mettre en première ligne alors que les Etats-Unis se replient et que les autres pays européens restent très discrets dans cette lutte ? D’autres se demandent si la France n’a pas commis des erreurs dans ses choix d’alliance. Mon exposé comprendra 2 parties :

  • Le rôle de la France dans le conflit syrien.
  • Les nouvelles alliances de la France.

 

1)    Le rôle de la France.

 

Etant un pays démocratique, développé et défendant des valeurs de liberté, la France s’est d’abord impliquée dans le conflit syrien afin d’accompagner le peuple dans son combat pour une Syrie libre. Mais son aide matérielle, ainsi que celle des Américains, n’a pas été suffisante. Face à l’afflux de migrants et à la progression de Daech, François Hollande a décidé que la France interviendrait par bombardements aériens contre Daech. En effet, cette guerre civile pose des problèmes à l’Europe qui a du mal à gérer ce flux très important de réfugiés politiques syriens. De plus, elle a aussi permis à Daech de mettre en place des camps d’entraînement de djihadistes qui pourraient ainsi préparer des attentats en France. Rappelons que c’est après l’attaque du Thalys en août dernier que la France a décidé d’étendre ses bombardements à la Syrie.

 

2)    Ses alliances.

 

a)     La politique étrangère de De Gaulle et de ses successeurs.

 

Après avoir été atlantiste (alignée sur les Etats-Unis) sous la IVe République, la diplomatie de la France change sous la présidence de De Gaulle de 1958 à 1969. Sa politique étrangère repose sur l’indépendance nationale, par attachement à la souveraineté de la nation et par la volonté de renforcer l’influence française dans le monde. Le général refuse que la France soit engagée dans des conflits qui ne sont pas les siens, ainsi que la domination des Etats-Unis. Il décide donc le retrait de l’ensemble des forces françaises du commandement de l’OTAN, dominée alors par les militaires américains. Sa politique étrangère porte ses fruits car la France est en bon termes avec de nombreux pays, dont certains du Moyen-Orient qui lui sont reconnaissants d’avoir une position équilibrée entre les pays arabes et Israël. Cette politique a été perpétuée par les successeurs de De Gaulle jusqu’à Jacques Chirac qui en 2003 a refusé de soutenir l’intervention américaine en Irak, ce qui a valu à la France une grande popularité dans le monde arabe.

 

b)    Les alliances actuelles.

 

En 2009, N. Sarkozy réintègre la France dans le commandement de l’OTAN, ce qui prouve que la France se réaligne sur les Etats-Unis. F. Hollande continue : comme on peut le remarquer dans le conflit syrien, la France est très dépendante de ce que les Etats-Unis décident de faire ou de ne pas faire et elle a renforcé ses liens avec les pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, à qui elle a récemment vendu des armes.

 

Tous ces choix nous protègent sans doute moins des actes terroristes que par le passé car la France est engagée sur beaucoup de fronts et elle s’est éloignée de la cause palestinienne (au profit d’Israël). De plus, notre alliance avec l’Arabie Saoudite est discutable car ce pays a une part de responsabilité importante dans l’exportation de l’islamisme radical en Occident (en Belgique notamment) sans oublier que les lois de ce pays sont contraires à nos principes puisqu’il applique la charia, comme l’Etat Islamique. Ce n’est cependant pas une organisation terroriste, seulement un pays islamique radical qui se réfère encore aux lois du Coran dans sa constitution, ce qui restreint énormément de libertés.

 

Les conséquences des attentats en France

Par Céline Bachelier (TS1)

 

Introduction

 

La soirée du 13 novembre a été marquée par des attaques terroristes inégalées à partir de 21h au cœur de la capitale. Comme on peut voir sur l’image, il s’agissait d’une opération menée simultanément dans 6 lieux différents par 9 hommes dont la majorité était des Français. Cette action apparait comme planifiée depuis l’étranger avec l’intervention de nombreux individus. Le bilan est aujourd’hui lourd : 130 morts et 352 blessés. En s’en prenant au Stade de France, ces attaques visent clairement le couple Franco – Allemand, mais également le sport en lui-même. Il s’agit en outre d’une offensive contre le mode vie des Français, considéré comme « mécréant ». En effet, en s’attaquant à des restaurant, les terroristes visaient absolument tout un chacun. Leur cible était la jeunesse et leur culture cosmopolite, symbolisé par le Bataclan. Outre faire régner la panique, ils souhaitaient aussi pousser la société française au repli identitaire, ce qui pourrait d’ailleurs à termes, engendrer de l’islamophobie.

Mon exposé vise à présenter quelques-unes des conséquences de ces attentats que l’on peut mesurer au bout de trois semaines. Mon plan est le suivant :

  • Le traitement de l’info dans la presse.
  • Les conséquences politiques.
  • Les mesures.

 

1)    Le traitement de l’information dans la presse.

 

La presse, sur le moment, était dans l’urgence et avide d’informations concrètes comme lors des attentats du 7 janvier.  Le choc passé, le temps de l’analyse est venu, et nous avons pu clairement distinguer des différences de traitement. Ainsi, certains journaux mettaient l’accent sur l’axe sécuritaire comme Le Figaro, tandis que d’autre préféraient le recueillement. Néanmoins, tous participaient à la remise à l’honneur des symboles nationaux tels que la Marianne, le drapeau ou la Marseillaise, car il faut défendre nos valeurs et notre nation qui sont agressés.

2)    Les conséquences politiques.

 

Il y a eu une certaine union nationale pendant un temps. Union qui sera mise à mal par des prises de position de certains dirigeants politiques. Deux conceptions finirent néanmoins par émerger : la première est la conception d’une France fermée qui critique Schengen, l’accueil des migrants et qui prône la sécurité avant la liberté. La seconde est celle d’un civisme réaffirmé qui refuse de céder à la peur et défend son mode de vie, l’Europe et le droit d’asile. Politiquement, cela s’est traduit dans les sondages par une hausse des intentions de vote en faveur du FN mais aussi par une forte hausse de la côte de popularité de F. Hollande et d’autres dirigeants importants.

 

3)    Les mesures.

 

Après les attentats, le président décréta 3 jours de deuil national, ainsi que la mise en place de l’état d’urgence pour un délai de 12 jours, prolongé par la loi pendant 3 mois, suite à un vote du Congrès le 16 novembre.  En effet, pour montrer l’union nationale, le président a décidé de réunir le Parlement, fait rarissime.

 

L’état d’urgence permet de renforcer les pouvoirs de l’autorité administrative : il facilite les perquisitions, l’assignation à domicile, la fermeture provisoire de lieux publics. Il restreint ainsi les libertés comme celle de se réunir de manière exceptionnelle ou de circuler. De plus, d’autres mesures sont en discussion telles que l’expulsion des imams radicaux étrangers, la possibilité de déchoir de la nationalité les binationaux condamnés pour terrorisme, même ceux qui sont nés français, ce qui soulève des oppositions à gauche. Il est aussi question de l’instauration d’un visa de retour pour les Français impliqués dans des activités terroristes ou encore de la mise en place de centres de déradicalisation. Les effectifs militaires se voient quant à eux augmenter, les frontières sont rétablies et le président a clairement laissé entendre que « le pacte de sécurité l’emportait sur le pacte de stabilité ».

 

La France a également fait appel à l’Europe afin d’encourager une meilleure collaboration, par exemple avec le PNR qui est un projet qui permettrait de recenser l’identité de tous les passagers des avions circulant dans l’espace européen pour une durée de 5 ans. En effet, les attentats ont montré les limites de l’efficacité des services de renseignement français et de la collaboration avec les pays européens.

 

Passé le temps du deuil viendra le temps indispensable des débats : la France ne peut pas faire l’économie d’une réflexion sur des questions comme l’éducation, l’intégration, la défense de la laïcité…