Produire des écrits à la maternelle : Le DICO en section de grands

De l’imagier de la classe au dictionnaire …

La dictée à l’adulte s’avère un dispositif très opérationnel pour amener les élèves à produire du langage écrit et ce faisant en découvrir ses fonctions et son fonctionnement.

Une enseignante de la maternelle partage avec nous son projet d’écriture d’un « DICO » avec ses élèves de section de grands.

Réaliser un imagier avec les élèves est une expérience intéressante. Ils prennent ainsi conscience de leur bagage lexical. Ils sont amenés à l’utiliser à l’enrichir et à le structurer de différentes manières. Les mots sont collectionnés avec les photos qui les représentent puis rangés par thème dans un classeur, des boites, des affiches…etc. L’imagier demeure donc un outil indispensable à la fixation du lexique. Il sera plus tard très utile à l’écriture autonome.

Toutefois, au fil du temps et des projets, le stock de mot grandit et une nouvelle organisation de ces mots s’impose : le classement par ordre alphabétique. A cela s’ajoute une  perspective qui peut s’avérer productive et très motivante : une autre façon de retravailler les mots en explicitant leur sens par le biais de définitions réfléchies et produites par les enfants eux-mêmes. D’où l’idée de mettre en œuvre ce dictionnaire évolutif.

Par la suite, une production enrichie qui associe du son, des images et du texte peut être envisagée. Et avec l’aide d’un logiciel simple d’utlisation : hot patatoes il est possible de réaliser des activités ludiques qui vont prolonger ce projet.

Voir ici le projet et une ébauche de sa réalisation : Le dico.

 

Apprendre à comprendre et lire des albums de jeunesse

Du 20 au 25 novembre, Patrick JOOLE, professeur de lettres, formateur à l’ESPE de Versailles a donné une série de conférences dédiées la didactique de la littérature à l’école, se donnant pour objectif de mieux cerner les avancées de la réflexion sur la compréhension de l’écrit dans les recherches internationales, et surtout de porter des réponses concrètes aux difficultés de cet enseignement.

Tour à tour, il s’est adressé aux enseignants et formateurs des réseaux d’éducation prioritaire des cycle 1, 2 et 3. Il est également intervenu à l’ESPE auprès de néo titulaires et à l’université des Antilles.  Le public a été séduit et captivé par ses présentations bien étayées, convoquant des recherches expérimentées dans le Val d’Oise. C’est ainsi qu’il a montré, avec la force des exemples et des propositions concrètes, comment faire de la littérature de jeunesse un partenaire incontournable à l’apprentissage de la lecture. A cet effet on comprendra mieux qu’à la maternelle tout commence par le sens, et même s’il faut en passer par le code, apprendre à lire c’est apprendre à comprendre des textes écrits, cela tout au long de la scolarité.

Et si l’on parlait des récits[i]

Tout le propos de Patrick JOOLE est porté par ces quelques mots.  La notion de récit est interrogée, son intérêt pour la formation l’élève l’est également. Patrick JOOLE fait le point sur les résultats de la recherche concernant la compréhension en lecture. La lecture de récits à l’école y apparait comme essentielle.

Dès lors, il n’hésite pas à créer la stupéfaction en « tordant le cou » à des pratiques immuables, largement répandues et appelle les enseignants à y renoncer dans le cadre d’un apprentissage de la compréhension : « Les lectures offertes », « Les images séquentielles », « Le questionnaire de lecture ». Toutefois elles ne sont pas à proscrire à la maternelle car elles visent d’autres compétentes.

Il propose ensuite des parcours didactiques prenant appui sur toutes sortes d’histoires, pas seulement celles présentes dans les albums littéraires. Ces dispositifs permettant d’aider les élèves à prendre conscience des obstacles à la compréhension présents dans les textes, d’en déterminer la nature pour adopter ensuite la posture leur permettant de les surmonter.

Il redéfinit ce qu’est un réseau d’histoires ou de lectures et son efficacité, une mise au point qui s’avère nécessaire. Il montre l’intérêt de la lecture par dévoilement progressif et souligne l’importance des reformulations, des scénarisations, …  dans la perspective d’apprendre à comprendre. Dans cette tâche de reformulation, c’est le rapport de causalité entre les différents évènements qu’il est important d’établir. Ce dernier est perceptible, dès le plus jeune âge, à travers les états mentaux des personnages, leurs comportements; il s’agit alors d’identifier leurs intentions, leurs buts, … de les relier à leurs émotions. Comprendre les intentions du personnage est l’entrée pour travailler la causalité.

Que retenir de cette visite ?  Des remises en cause certes, mais surtout un immense champ des possibles pour améliorer les performances de nos élèves.

En outre, la présence des publics de tous horizons, enseignants et formateurs, venus nombreux tout au long de la semaine ne manque pas de souligner le rôle et l’importance des recherches collaboratives dans la formation des enseignants.

Laurence DUQUESNAY – CPD AC-MARTINIQUE Formateur Education Prioritaire

[i] C’est ainsi qu’est titré l’article publié dans la revue, Le français aujourd’hui :

Marie-France Bishop, Patrick Joole « Et si l’on parlait des récits… », Le français aujourd’hui 2012/4 (n°179), p. 3-8.

Le Programme P.A.R.L.E.R MARTINIQUE en quelques lignes

Il s’agit d’un projet global qui cible principalement les élèves de section de grands de l’académie de la MARTINIQUE.

Ce programme utilisant un enseignant supplémentaire appelé Coenseignant pour une équipe d’école se définit comme une action globale de renforcement pédagogique visant à réduire l’échec scolaire, à améliorer les résultats en lecture.

 

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