{"id":342,"date":"2016-07-03T03:47:20","date_gmt":"2016-07-03T02:47:20","guid":{"rendered":"\/clg-edapierre\/?page_id=342"},"modified":"2016-07-03T03:47:20","modified_gmt":"2016-07-03T02:47:20","slug":"le-morne-rouge-decrit-par-lafcadio-hearn-1890","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/clg-edapierre\/?page_id=342","title":{"rendered":"Le Morne Rouge d\u00e9crit par Lafcadio HEARN (1890)"},"content":{"rendered":"<h4><\/h4>\n<div id=\"citation\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>Lafcadio HEARN, n\u00e9 en Gr\u00e8ce, en 1850 est un personnage \u00e9tonnant. Le &#8220;voyageur magnifique&#8221; selon le mot de Rapha\u00ebl CONFIANT, est \u00e0 l&#8217;image de ces europ\u00e9ens du XIXe si\u00e8cle, curieux, \u00e9pris de d\u00e9couverte et d&#8217;aventure. Irlandais d&#8217;origine, ce journaliste am\u00e9ricain a fr\u00e9quent\u00e9 les \u00e9coles de Dublin, Londres et Paris. C&#8217;est aux Etats Unis qu&#8217;il d\u00e9couvre la culture cr\u00e9ole en particulier \u00e0 la Nouvelle Orl\u00e9ans. Il accepte ainsi d&#8217;\u00eatre durant deux ans le correspondant d&#8217;un journal am\u00e9ricain aux Antilles fran\u00e7aises et notamment en Martinique&#8230; o\u00f9 il recueille un grand nombre de contes cr\u00e9oles&#8230;<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>En 1890, l&#8217;ann\u00e9e m\u00eame o\u00f9 il publie ce r\u00e9cit, Lafcadio HEARN part comme correspondant au Japon&#8230;<\/em><\/span><\/p>\n<\/div>\n<h4><em>(La division du texte n&#8217;est pas d&#8217;origine.)<\/em><\/h4>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>&#8220;Un voyage d&#8217;\u00e9t\u00e9 aux tropiques&#8221; (1890)<\/em><\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"#piete\">L&#8217;\u00e9tonnante pi\u00e9t\u00e9 du Morne Rouge<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><em>&#8220;Contes des Tropiques&#8221;(1890)<\/em><\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"#diligence\">En diligence sur la route de Saint Pierre au Morne Rouge<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#chaumieres\">Le Morne Rouge: une rue jalonn\u00e9e de chaumi\u00e8res ?<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#station\">Une station baln\u00e9aire bien arros\u00e9e.<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#vallee\">La splendeur de la vall\u00e9e du Champflore<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><a name=\"piete\"><\/a><\/p>\n<h3>L&#8217;\u00e9tonnante pi\u00e9t\u00e9 du Morne Rouge.(1)<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_269\" aria-describedby=\"caption-attachment-269\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/calvaire.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-269 size-medium\" src=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/calvaire-300x257.jpg\" alt=\"calvaire\" width=\"300\" height=\"257\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-269\" class=\"wp-caption-text\">Le calvaire du Morne Rouge \u00e9difi\u00e9 apr\u00e8s 1851 sur le Morne Balisier.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8220;Le village du Morne Rouge, \u00e0 environ six cents m\u00e8tres au -dessus du niveau de la mer et \u00e0 une heure de voiture de Saint-Pierre, est c\u00e9l\u00e8bre pour ses sanctuaires. C&#8217;est un lieu de p\u00e9lerinage aussi bien qu&#8217;un s\u00e9jour baln\u00e9aire. Au dessus du village, sur la pente escarp\u00e9e d&#8217;un morne plus \u00e9lev\u00e9, on remarque une succession singuli\u00e8re de petits \u00e9difices qui s&#8217;\u00e9chelonnent jusqu&#8217;au sommet, quatorze petits tabernacles qui contiennent chacun un relief repr\u00e9sentant un incident de la Passion du Christ. C&#8217;est le calvaire, et il faut \u00eatre anim\u00e9 d&#8217;une foi vraiment plus que mod\u00e9r\u00e9e pour accomplir l&#8217;exercice religieux de gravir jusqu&#8217;au sommet du morne en r\u00e9citant une pri\u00e8re devant chaque petit autel. Du porche de l&#8217;\u00e9difice le plus \u00e9lev\u00e9, le village du Morne Rouge appara\u00eet si bas dans le lointain que l&#8217;on \u00e9prouve le vertige rien qu&#8217;\u00e0 le regarder. Mais l&#8217;ascension vaut la peine d&#8217;\u00eatre entreprise, m\u00eame pour le profane, \u00e0 cause de la vue superbe qu&#8217;on a du haut du morne. Sur toutes les hauteurs avoisinantes se dressent des chapelles votives et de grands crucifix.&#8221;<\/p>\n<p><a name=\"diligence\"><\/a><\/p>\n<h3>En diligence sur la route de Saint Pierre au Morne Rouge.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ces extraits sont publi\u00e9s avec l&#8217;aimable autorisation de Jean Marie TREMBLAY, professeur de sociologie, Chicoutimi, Qu\u00e9bec, responsable de l&#8217;\u00e9dition en ligne. Ouvrages en libre acc\u00e8s sur le site <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\">&#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221;<\/a>(2)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8220;Cependant, toutes surprenantes que soient les beaut\u00e9s des \u00e9perons que l&#8217;on entrevoit sur les routes de montagne d&#8217;o\u00f9 l&#8217;on domine longtemps Saint Pierre, la route conduisant au Morne Rouge les surpasse encore, bien qu&#8217;elle s&#8217;\u00e9loigne presque imm\u00e9diatement de la ville. Sauf la Trace, la longue route qui serpente par-dessus les cr\u00eates des montagnes et entre les for\u00eats vierges vers le sud, vers Fort-de-France, il n&#8217;y a sans doute pas dans toute l&#8217;\u00eele de section de route nationale qui soit plus remarquable que la route du Morne Rouge. La diligence quitte la Grande Rue de Saint Pierre et traverse la Savane du Fort, aux tamariniers et manguiers immenses, en longeant la Roxelane. Arriv\u00e9 au boulevard, on passe le grand morne Labelle, puis le Jardin des plantes \u00e0 droite, o\u00f9 des palmiers aux troncs blancs \u00e9l\u00e8vent leurs fa\u00eetes jusqu&#8217;\u00e0 soixante m\u00e8tres d&#8217;altitude, et enfin le beau morne Parnasse bois\u00e9 jusqu&#8217;au sommet. A gauche, la vall\u00e9e de la Roxelane se r\u00e9tr\u00e9cit, et la Pel\u00e9e d\u00e9couvre de moins en moins sa base immense. Puis on passe par le joli village des Trois Points, qui sommeille \u00e0 l&#8217;abri de ses palmiers, o\u00f9 la temp\u00e9rature est d\u00e9j\u00e0 de trois degr\u00e9s plus basse qu&#8217;\u00e0 Saint Pierre. Et la route nationale, virant brusquement \u00e0 droite, devient tout \u00e0 coup tr\u00e8s escarp\u00e9e, si escarp\u00e9e que les chevaux ne la gravissent qu&#8217;au pas. Elle monte par lacets autour des collines bois\u00e9es et entre elles, en longeant parfois les bords des ravins. De temps \u00e0 autre, on aper\u00e7oit la route que l&#8217;on a suivie\u00a0une demi-heure plus t\u00f4t qui ondule tr\u00e8s loin, l\u00e0 en bas, \u00e9troite comme un ruban, et le chenal de la Roxelane, et la Pel\u00e9e toujours plus \u00e9lev\u00e9e, qui \u00e9tend maintenant de longs tentacules vert et pourpre jusque dans la mer. La diligence passe sous l&#8217;ombre fra\u00eeche des bois des montagnes, sous des bambous qui se balancent comme d&#8217;immenses plumes d&#8217;autruche vertes, sous d&#8217;exquises foug\u00e8res arborescentes, hautes de dix \u00e0 douze m\u00e8tres ou quarante pieds, sous des fromagers imposants aux \u00e9tranges troncs arc-bout\u00e9s, et toutes esp\u00e8ces de plantes aux larges feuilles, cachibous, balisiers, bananiers&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On parvient ensuite \u00e0 un plateau couvert de cannes \u00e0 sucre, dont l&#8217;\u00e9tendue jaune est limit\u00e9e d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 par une demi-lune de collines aux angles d\u00e9finis comme des cristaux; \u00e0 gauche elle s&#8217;abaisse vers la mer, et devant vous la Pel\u00e9e dresse sa t\u00eate au-dessus des \u00e9paules des mornes interm\u00e9diaires. Un vent fort et frais s&#8217;\u00e9l\u00e8ve, les chevaux se remettent au trot. Vingt minutes plus tard, la route, quittant le plateau, redevient abrupte; on approche du volcan en traversant la cr\u00eate d&#8217;un \u00e9peron colossal. Le sentier tourne en demi-cercle, serpente, longe encore une fois le bord d&#8217;une vall\u00e9e qui atteint presque trente m\u00e8tres de profondeur. Mais se r\u00e9tr\u00e9cissant toujours davantage, la vall\u00e9e se transforme en une gorge ascendante; et du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 de l&#8217;ab\u00eeme, sur le haut de la falaise, on distingue quelques maisons et une \u00e9glise qui semblent perch\u00e9es sur le bord du pr\u00e9cipice comme autant de nids d&#8217;aigles: c&#8217;est le village du Morne-Rouge. Il est \u00e0 six cents m\u00e8tres au-dessus du niveau de la mer, et la Pel\u00e9e, tout en la dominant de haut, para\u00eet tout de m\u00eame un peu moins \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p><a name=\"chaumieres\"><\/a><\/p>\n<h3>Le Morne Rouge: une rue jalonn\u00e9e de chaumi\u00e8res ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ces extraits sont publi\u00e9s avec l&#8217;aimable autorisation de Jean Marie TREMBLAY, professeur de sociologie, Chicoutimi, Qu\u00e9bec, responsable de l&#8217;\u00e9dition en ligne. Ouvrages en libre acc\u00e8s sur le site <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/\">&#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221;<\/a>(2)<\/em>\n<\/p>\n<figure id=\"attachment_284\" aria-describedby=\"caption-attachment-284\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/eglisemornerouge.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-284 size-full\" src=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/eglisemornerouge.jpg\" alt=\"eglisemornerouge\" width=\"200\" height=\"290\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-284\" class=\"wp-caption-text\">Gravure de l&#8217;\u00e9glise publi\u00e9e le 3 octobre 1891, dans &#8220;Le Monde Illustr\u00e9&#8221;, in Solange CONTOUR, &#8220;La Martinique et la Guadeloupe dans les revues illustr\u00e9es du XIXe s.&#8221;, 1989<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui vous frappe tout d&#8217;abord le plus au Morne Rouge, c&#8217;est son unique rue irr\u00e9guli\u00e8re aux chaumi\u00e8res et aux boutiques peintes en gris,domin\u00e9es par une \u00e9glise tr\u00e8s simple, dont le porche principal est flanqu\u00e9 de quatre palmiers aux lourdes panses. Cependant le Morne rouge n&#8217;est pas si petit si l&#8217;on tient compte de sa situation; Il y a presque cinq mille habitants; mais afin de d\u00e9couvir o\u00f9 ils vivent, il faut quitter la route nationale qui suit une cr\u00eate et explorer les sentiers aux hautes haies qui en descendent. On d\u00e9couvre alors une vraie ville de minuscules cases en bois, dont chacune se dissimule derri\u00e8re des bananiers, des roseaux d&#8217;Inde et des pommiers-roses. On voit aussi nombre de belles demeures, maisons de campagne de riches n\u00e9gociants; et on constate que l&#8217;\u00e9glise, fort peu int\u00e9ressante de l&#8217;ext\u00e9rieur est, \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur, richement d\u00e9cor\u00e9e et assez impressionnante; c&#8217;est un lieu de p\u00e9lerinage bien connu, o\u00f9 s&#8217;accomplissent des miracles. D&#8217;immenses processions y montent r\u00e9guli\u00e8rement de Saint Pierre, d&#8217;o\u00f9 elles partent \u00e0 trois ou quatre heures du matin, afin d&#8217;arriver au Morne Rouge avant l&#8217;aurore.<\/p>\n<figure id=\"attachment_277\" aria-describedby=\"caption-attachment-277\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/champflor.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-277 size-medium\" src=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/champflor-300x225.jpg\" alt=\"champflor\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-277\" class=\"wp-caption-text\">La vall\u00e9e du Champflor<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, point de bois, rien que des champs. La coutume locale de planter des haies de roseaux, au feuillage d&#8217;un rouge sombre, pr\u00eate une note pittoresque au paysage et on remarque une pr\u00e9f\u00e9rence bien visible pour des plantes aux feuillles cramoisies. Autrement, le sommet de la montagne est un peu nu; les arbres ont un air rabougri. Les palmiers sont devenus de plus en plus petits \u00e0 mesure que l&#8217;altitude s&#8217;\u00e9l\u00e8ve: au Morne rouge, ils sont tr\u00e8s petits avec des troncs extr\u00eamement \u00e9pais.<\/p>\n<div><\/div>\n<p><a name=\"station\"><\/a><\/p>\n<h3>Une station baln\u00e9aire bien arros\u00e9e.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ces extraits sont publi\u00e9s avec l&#8217;aimable autorisation de Jean Marie TREMBLAY, professeur de sociologie, Chicoutimi, Qu\u00e9bec, responsable de l&#8217;\u00e9dition en ligne. Ouvrages en libre acc\u00e8s sur le site <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/\">&#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221;<\/a>(2)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les belles vues de la mer, des cimes et des lointains des vall\u00e9es que l&#8217;on d\u00e9couvre du morne Rouge, le village pr\u00e9sente un aspect assez sinistre. Peut \u00eatre cela est-il d\u00fb \u00e0 la teinte gris ardoise de tous les b\u00e2timents, ce qui est fort m\u00e9lancolique compar\u00e9 aux coloris abricot et banane des murs de Saint Pierre. Mais ce gris triste est la seule couleur qui puisse r\u00e9sister au climat du Morne Rouge, o\u00f9 les gens vivent litt\u00e9ralement dans les nuages. Se d\u00e9roulant comme une fum\u00e9e blanche, les nuages descendent de la Pel\u00e9e, et cr\u00e9ent souvent un brouillard lugubre; et le Morne Rouge est tr\u00e8s certainement un des endroits les plus pluvieux du monde. Lorsqu&#8217;il fait sec partout ailleurs, il pleut au Morne Rouge. Il y pleut au moins trois cent soixante jours et trois cent soixante nuits par an. Il y pleut invariablement une fois par vingt-quatre heures; mais plus souvent cinq ou six fois. L&#8217;humidit\u00e9 y est ph\u00e9nom\u00e9nale. Tous les miroirs se couvrent de taches; le linge y moisit en une journ\u00e9e; le cuir devient blanc; le cuivre verdit; l&#8217;acier s&#8217;effrite en un poudre rouge; le sel se transforme vite en saumure, et les allumettes \u00e0 moins d&#8217;\u00eatre conserv\u00e9es dans un endroit tr\u00e8s chaud, ne s&#8217;enflamment pas. Tout moisit, se p\u00e8le et se d\u00e9compose; m\u00eame les fresques \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;\u00e9glise sont bossel\u00e9es d&#8217;immenses ampoules, et une v\u00e9g\u00e9tation verte ou brune miscroscopique attaque toutes les surfaces d\u00e9couvertes de pierre ou de bois. La nuit, il y fait souvent vraiment froid; et il est difficile de comprendre comment, malgr\u00e9 toute cette humidit\u00e9, ce froid et cette moisissure, le Morne Rouge puisse cependant \u00eatre un endroit sain. C&#8217;est pourtant la grande station o\u00f9 les invalides de la Martinique, et les \u00e9trangers que le climat de la Trinidade ou de Cayenne a d\u00e9bilit\u00e9s, se rendent pour r\u00e9cup\u00e9rer leurs forces.<\/p>\n<p><a name=\"vallee\"><\/a><\/p>\n<h3>La splendeur de la vall\u00e9e du Champflore.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ces extraits sont publi\u00e9s avec l&#8217;aimable autorisation de Jean Marie TREMBLAY, professeur de sociologie, Chicoutimi, Qu\u00e9bec, responsable de l&#8217;\u00e9dition en ligne. Ouvrages en libre acc\u00e8s sur le site <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/\">&#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221;<\/a>(2)<\/em>\n<\/p>\n<figure id=\"attachment_311\" aria-describedby=\"caption-attachment-311\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/pitongele.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-311 size-medium\" src=\"\/clg-edapierre\/wp-content\/uploads\/sites\/54\/2016\/07\/pitongele-300x207.jpg\" alt=\"pitongele\" width=\"300\" height=\"207\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-311\" class=\"wp-caption-text\">Le piton Gel\u00e9 pr\u00e8s de la plaine du Champflor<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">En quittant le village par la route qui continue \u00e0 monter, vous serez surpris, apr\u00e8s environ vingt minutes de marche, de d\u00e9couvrir une vue magnifique: la vaste vall\u00e9e du Champflore, arros\u00e9e par plusieurs torrents et limit\u00e9e au sud et \u00e0 l&#8217;ouest par une houle double, triple, quadruple de montagnes, montagnes bris\u00e9es, pointues, tourment\u00e9es et iris\u00e9es, comme disent les cr\u00e9oles, de tous ces tons de gemmes que cr\u00e9e le lointain dans l&#8217;atmosph\u00e8re des Antilles. Particuli\u00e8rement saisissante est la beaut\u00e9 d&#8217;un c\u00f4ne pourpre au centre de cette cha\u00eene multicolore: c&#8217;est le piton Gel\u00e9. Toutes les vall\u00e9es de ce riche pays sont divis\u00e9es en damiers dont les carr\u00e9s sont alternativement plant\u00e9s d&#8217;herbe, de cannes \u00e0 sucre et de cacao, sauf au nord-ouest, o\u00f9 les bois ondulent \u00e0 perte de vue derri\u00e8re une colline. En face de ce paysage, \u00e0 votre gauche, se trouvent des mornes de hauteur in\u00e9gale, parmi lesquels on observe la Calebasse, qui domine tous les autres, sauf la Pel\u00e9e se profilant tr\u00e8s sombre \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re-plan. Et un chemin mang\u00e9 d&#8217;herbe d\u00e9vie \u00e0 l&#8217;ouest de la route nationale pour aboutir au volcan. C&#8217;est la route de la Calebasse \u00e0 la Pel\u00e9e.&#8221;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><small>Notes:<\/small><br \/>\n<small>(1)Lafcadio HEARN, Two years in the French West Indies, 1890, reed. &#8220;Aux vents cara\u00efbes&#8221;, trad. Marc LOGE, Ho\u00ebbeke, Paris, 2004, (1)p 52,<br \/>\n(2)Lafcadio HEARN, Contes des Tropiques, 1890, trad. Marc LOGE, ed Mercure de France, 1926, 249p, p16-17-18.<\/small><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lafcadio HEARN, n\u00e9 en Gr\u00e8ce, en 1850 est un personnage \u00e9tonnant. 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