{"id":5975,"date":"2023-11-07T17:17:47","date_gmt":"2023-11-07T21:17:47","guid":{"rendered":"https:\/\/lyceejosephzobel.bleu972.fr\/?page_id=289"},"modified":"2023-12-19T22:58:59","modified_gmt":"2023-12-20T02:58:59","slug":"mr-joseph-zobel","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/?page_id=5975","title":{"rendered":"Mr Joseph Zobel"},"content":{"rendered":"\n\n\n\n\n\n<h2>Qui est Joseph Zobel<\/h2>\nA cette question pos\u00e9e \u00e0 quelques \u00e9l\u00e8ves du lyc\u00e9e qui porte le nom de l\u2019\u00e9crivain. Au mieux, la r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 : \u00ab C\u2019est celui qui a \u00e9crit le film, La rue Cases-n\u00e8gres, d\u2019Euzhan Palcy \u00bb. Au pire, quelques mois avant la mort de Joseph Zobel, j\u2019ai eu la surprise d\u2019apprendre qu\u2019il \u00e9tait mort, depuis de nombreuses ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0.\n<br><br>\nLa faute, peut-\u00eatre, \u00e0 l\u2019insistance de Mme OUESSANGA, proviseur de l\u2019\u00e9poque, et Mr LUCRECE enseignant de l\u2019\u00e9poque, et de la communaut\u00e9 scolaire du lyc\u00e9e Thoraille, d\u2019avoir voulu afficher le nom du fils de Petit-Bourg de Rivi\u00e8re-Sal\u00e9e au frontispice du lyc\u00e9e de Thoraille.<br><br>\nLa mort de Joseph Zobel si elle est comme le titre, un hebdomadaire de la place, \u00ab une grande perte pour la litt\u00e9rature antillaise \u00bb doit \u00eatre aussi, pour nous, le moment d\u2019une large r\u00e9flexion sur l\u2019homme, sur son \u0153uvre et plus largement sur la litt\u00e9rature antillaise. Le moment de nous r\u00e9concilier avec nous-m\u00eames et de regarder le monde dans le blanc de l\u2019\u0153il.\n\n\n\n\n<h5>Conna\u00eetre Joseph Zobel<\/h5>\nComment expliquer la m\u00e9connaissance de Joseph Zobel par le grand public et plus largement la jeunesse martiniquaise ?\nLe premier reproche qui lui est fait est d\u2019avoir d\u00e9sert\u00e9 la terre martiniquaise pour la lointaine Afrique et d\u2019avoir fini sa vie en terre fran\u00e7aise.\n<br>\nArguties de ceux qui jugent les individus sur le futile et non sur l\u2019essentiel de cet homme de talents (romancier, nouvelliste, po\u00e8te, potier-c\u00e9ramiste et ma\u00eetre de l\u2019art floral ik\u00e9bana) et de passions et qui n\u2019ont pas v\u00e9ritablement approfondi l\u2019\u0153uvre de Zobel.\n<br>\nL\u2019une des raisons fondamentales est, sans doute, dans l\u2019opposition syst\u00e9matique et artificielle faite entre Aim\u00e9 CESAIRE et Joseph ZOBEL.\n<br>\nC\u2019est ainsi oublier la grande amiti\u00e9 qui unissait les deux hommes. Et il faut f\u00e9liciter Euzhan Palcy, l\u2019une des seules \u00e0 avoir compris la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre les deux hommes et la seule \u00e0 poursuivre un hommage qui dit la qualit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre de ces deux hommes et son admiration pour les deux \u00e9crivains.\nC\u2019est aussi oublier que C\u00e9saire ne serait pas CESAIRE sans les Africains et les \u00c9tats-uniens qui se sont charg\u00e9s de porter son \u0153uvre vers la reconnaissance internationale.\nVouloir opposer C\u00e9saire \u00e0 Zobel rel\u00e8ve de l\u2019h\u00e9r\u00e9sie.<br>\nA moins de vouloir faire de la po\u00e9sie le summum de l\u2019expression litt\u00e9raire, r\u00e9pondons simplement que les deux hommes ont choisi le moyen qui leur semblait ad\u00e9quat. Pour l\u2019un le cri de la po\u00e9sie, celle de l\u2019expression de la conscience tragique, celle de l\u2019effusion lyrique, entre disjonction et confrontation et celle de la conscience dialectique. Pour l\u2019autre, le choix du roman protestataire. Mais comme le dit Roger Toumson, \u00ab l\u2019\u00e9lan enthousiaste de la revendication, la ferveur de la proph\u00e9tie r\u00e9demptrice font irr\u00e9sistiblement repenser au Cahier d\u2019un retour au pays natal \u00bb . Deux voies, deux moyens pour le m\u00eame objectif.\nAlors autour de ces quelques certitudes mais beaucoup de questionnements, essayons de d\u00e9couvrir Joseph Zobel.<br>\nD\u00e9couvrir Zobel, c\u2019est d\u2019abord jeter un regard, aussi rapide soit-il, sur l\u2019\u00e9volution de la litt\u00e9rature antillaise elle-m\u00eame.\nParce que selon Tzvetan Todorov :<br>\nC\u2019est une illusion de croire que l\u2019\u0153uvre a une existence ind\u00e9pendante. Elle appara\u00eet dans un univers litt\u00e9raire peupl\u00e9 par les \u0153uvres d\u00e9j\u00e0 existantes et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle s\u2019int\u00e8gre. Chaque \u0153uvre d\u2019art entre dans les rapports complexes avec les \u0153uvres du pass\u00e9 qui forment suivant les \u00e9poques, diff\u00e9rentes hi\u00e9rarchies.\nIl ne faut pas oublier que les Antilles du XXe si\u00e8cle naissent sous le signe de la violence. \u00c9ruption de la montagne Pel\u00e9e, conflits ethniques en particulier lors des batailles \u00e9lectorales, affrontements politiques et syndicaux, meurtres d\u2019hommes politiques. L\u2019\u00e9lite martiniquaise, en particulier blanche a disparu \u00e0 Saint-Pierre et l\u2019id\u00e9ologie b\u00e9k\u00e9 qui disait quotidiennement son hostilit\u00e9 aux gens de couleurs et aux Noirs s\u2019\u00e9puise mais ne dispara\u00eet pas. Elle est encore vivace dans le roman de Max Jeanne, C\u0153urs martiniquais o\u00f9 l\u2019auteur nostalgique de la p\u00e9riode de Saint-Pierre d\u2019avant 1902, se fait l\u2019apologiste d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 in\u00e9galitaire et raciste.\nA l\u2019image de la fin du XIXe si\u00e8cle, le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle voit l\u2019\u00e9mergence d\u2019une conscience politique et culturelle propre \u00e0 la communaut\u00e9 noire.<br>\nDe nombreux po\u00e8tes Michel Achard, Daniel Fernand Thaly, tr\u00e8s souvent influenc\u00e9s par le mouvement litt\u00e9raire du Parnasse, choisissent un parti pris pass\u00e9iste qui ne laisse aucune place \u00e0 la pr\u00e9sence humaine et \u00e0 ses questionnements.<br>\nC\u2019est dans ces conditions qu\u2019apparaissent des \u00e9crivains importants pour Zobel : Ren\u00e9 Maran, Gilbert de Chambertand, Irmine Romanette, Andr\u00e9 Thomarel Ren\u00e9 Lacascade et Gilbert Gratiant.<br>\nRen\u00e9 Maran dans Batouala (1921) s\u2019attache \u00e0 d\u00e9crire l\u2019\u00e9tat psychologique d\u2019un individu victime du pr\u00e9jug\u00e9 de race. Th\u00e8me qu\u2019il reprendra dans Un homme pareil aux autres en 1962.<br>\nGilbert de Chambertrand, lui, \u00e0 travers ses \u00ab r\u00e9cits guadeloup\u00e9ens \u00bb va dresser des tableaux de m\u0153urs. Il dresse avec un respect exemplaire un tableau sans concessions de la psychologie, des caract\u00e8res et de l\u2019univers antillais. Jamais le pr\u00e9jug\u00e9 de couleur ne vient entacher son regard sur les milieux socio-ethniques.<br>\nThomarel, Romanette et Lacascade vont s\u2019efforcer de faire r\u00e9fracter la difficile r\u00e9alit\u00e9 sociale antillaise et de d\u00e9noncer la stagnation sociale, cons\u00e9quence d\u2019un pr\u00e9jug\u00e9 de race tenace. Jack Corzani dans son Encyclop\u00e9die Antillaise Litt\u00e9raire dit de Gilbert Gratiant\nPlus nettement et plus passionn\u00e9ment que ses confr\u00e8res, il souligna les contradictions profonde des \u00eeles ; une nature accueillante et riche, un mis\u00e8re d\u00e9plorable\u2026 Parall\u00e8lement Gratiant inaugurera en Martinique la revalorisation de l\u2019apport africain. Avant tout autre il proclame sa fiert\u00e9 d\u2019avoir du sang noir.<br>\nEntre-temps Aim\u00e9 C\u00e9saire vient de publier Cahier d\u2019un retour au pays natal et conna\u00eet une certaine reconnaissance de ses \u00e9l\u00e8ves au Lyc\u00e9e Schoelcher, parce que sa po\u00e9sie vient exprimer le cri du n\u00e8gre, celui de l\u2019homme insult\u00e9, asservi qui se redresse, ramasse le mot n\u00e8gre qu\u2019on lui a jet\u00e9 comme une pierre et se revendique comme Noir en face du Blanc, dans sa fiert\u00e9 .<br>\nSur les conseils avis\u00e9s de ce dernier, Joseph Zobel d\u00e9cide de relever le d\u00e9fi lanc\u00e9 par Ren\u00e9 M\u00e9nil de la revue L\u00e9gitime D\u00e9fense et \u00e9crit Diab\u2019la, en 1942.\nL\u2019Antillais de couleur a toujours refus\u00e9 de s\u2019engager dans les deux directions essentielles de la litt\u00e9rature. Une de ces directions va vers le monde et les biens de ce monde, exprime les besoins fondamentaux, cherche \u00e0 changer l\u2019existence, s\u2019adresse \u00e0 ceux qui souffrent des m\u00eames passions (la faim, l\u2019amour, la servitude, etc.).<br>\nLitt\u00e9rature utile. Or, l\u2019\u00e9crivain antillais craint d\u2019\u00eatre suspect\u00e9 de n\u2019avoir pas les m\u00eames passions et les m\u00eames pens\u00e9es que les Europ\u00e9ens, et de cacher en lui les r\u00e9serves troubles et dynamiques dues \u00e0 son originalit\u00e9 propre. L\u2019autre direction part du monde pour aller au plus pur de chaque \u00eatre. Position du dormeur qui se moque des p\u00e9rils de ce monde. Or, le n\u00e8gre antillais est encha\u00een\u00e9 par la pens\u00e9e logique et utile. Aux Antilles, la masse est vite prise dans les longs et p\u00e9nibles travaux du rhum n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019Europe.<br>\n.. L\u2019Antillais de couleur exprime les sentiments d\u2019un autre, puisque les puissances de passion et d\u2019imagination sont m\u00e9connues. Il convient donc au noir antillais de reconna\u00eetre d\u2019abord ses passions propres et de n\u2019exprimer que lui-m\u00eame, de prendre, en sens inverse de l\u2019utile, le chemin du r\u00eave et de la po\u00e9sie .\nC\u2019est la t\u00e2che \u00e0 laquelle va s\u2019atteler Zobel. Dire ses propres passions, dire ses propres sentiments. F\u00e9conder son imagination.<br>\nD\u00e8s le d\u00e9but, ce roman qui raconte une histoire d\u2019amour entre un homme et une femme mais plus particuli\u00e8rement une histoire d\u2019amour entre un homme et la terre martiniquaise pose probl\u00e8me puisqu\u2019il va \u00eatre censur\u00e9 par le gouvernement de Vichy. . Enqu\u00eate sur le milieu social antillais, posant le probl\u00e8me de l\u2019identit\u00e9 antillaise en l\u2019associant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 noire, ce roman va inaugurer l\u2019\u00e8re du roman protestataire qui d\u00e9nonce l\u2019in\u00e9galit\u00e9 raciale et sociale et celle du roman revendicatif qui r\u00e9clame le plein exercice de la citoyennet\u00e9. Zobel, va poursuivre le difficile chemin de Tardon, Clarac, Richer et bien d\u2019autres.\n<h5>La port\u00e9e socio-\u00e9conomique, politique, morale et linguistique<\/h5>\nIl s\u2019agit de d\u00e9montrer qu\u2019\u00ab il n\u2019y a pas de peuple sans culture \u00bb selon le principe anthropologique de L\u00e9vi-Strauss. C\u2019est l\u2019occasion de faire une litt\u00e9rature o\u00f9 le projet ethnologique joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant. Il s\u2019agit, surtout d\u2019affirmer la dignit\u00e9 et l\u2019honneur de l\u2019homme et le combat qu\u2019il m\u00e8ne pour le rappeler.\nC\u2019est toujours Ren\u00e9 M\u00e9nil qui ajoute<br>\nDe m\u00eame la litt\u00e9rature, de m\u00eame le roman : ils peuvent, ils doivent tout dire, aux Antilles, la psychologie des hommes et des classes sociales, les relations et les contradictions des classes dans la soci\u00e9t\u00e9, l\u2019histoire et l\u2019h\u00e9ritage culturel\u2026<br>\nTr\u00e8s souvent Diab\u2019la a \u00e9t\u00e9 lu comme le roman de la solidarit\u00e9 et de l\u2019attachement \u00e0 la terre antillaise. C\u2019est une lecture possible mais nous devons consid\u00e9rer que cette fable est, sans conteste, de port\u00e9e socio-\u00e9conomique, politique et morale \u00e0 la fois.<br>\nC\u2019\u00e9tait aller mettre un peu de joie en terre !<br>\nEt le jour convenu, ils \u00e9taient vingt-cinq, trente, avec des houes; des coutelas, des fourches, pioches et b\u00eaches sur l\u2019\u00e9paule qui, Diab\u2019-l\u00e0 en t\u00eate, montaient au Morne-Blanc \u00e9ventrer la terre rebelle.<br>\nDiab\u2019-l\u00e0 s\u2019\u00e9tait abondamment pourvu de rhum, de l\u00e9gumes, de porc sal\u00e9. Et il y avait l\u00e0 le tambour install\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre du manguier, avec un vieux tam-tamiste \u00e0 califourchon dessus.<br>\n[\u2026] La terre elle-m\u00eame n\u2019\u00e9tait pas coriace. Diab\u2019-l\u00e0 l\u2019avait remarqu\u00e9 d\u00e9j\u00e0. Il y avait beaucoup de pierrailles, mais il y avait aussi une bonne \u00abfifine\u00bb meuble, brun\u00e2tre, g\u00e9n\u00e9reuse, qui laissait une graisse lisse quand on la pressait entre les doigts. Les cailloux \u00e9taient assembl\u00e9s en petits tas \u00e9pars entre lesquels on piquait le sol pour le rendre plus spongieux. Ainsi, la cr\u00e8me ne pourrait pas glisser sur la pente par s\u00e9cheresse ou par pluie, et le fond conserverait plus d\u2019humidit\u00e9.<br>\nQuand ils eurent bien bu et bien mang\u00e9, ils enfouirent les premi\u00e8res semences et les premi\u00e8res boutures dans les portions qu\u2019ils venaient de pr\u00e9parer, afin que la r\u00e9colte f\u00fbt prompte et prosp\u00e8re comme \u00e9taient vigoureuses leurs mains et pleins leurs ventres, \u00e0 ce moment-l\u00e0.<br>\nLe soir, ils s\u2019en retourn\u00e8rent au village avec la trol\u00e9e des gosses chantant derri\u00e8re.<br>\nEt quand on se s\u00e9para apr\u00e8s le dernier coup aux \u00ab Sept P\u00e9ch\u00e9s \u00bb, Asto, soufflant de fatigue et de satisfaction, s\u2019exclama :<br>\n-Messi\u00e9s ! Si un beau jour tous les n\u00e8gres du monde voulaient se donner un coup de main comme \u00e7a, les uns aux autres, quelle sacr\u00e9e victoire, hein !<br>\nLaissons encore la parole au texte<br>\n-Tu as de la famille ici?<br>\n-Non.<br>\n-De quel c\u00f4t\u00e9 tu viens ?<br>\n-Gens Morne Vent. \u00bb (page 23)<br>\n<br>\n-Vous allez travailler ici ? entama Ti-Do, un peu maladroitement.<br>\n-Je pense, r\u00e9pondit-il.<br>\n-A l\u2019habitation, sans doute ?<br>\nL\u2019homme parut violemment vex\u00e9 :<br>\n-Encore ? s\u2019\u00e9cria-t-il. Mais j\u2019ai \u00e9chou\u00e9 ici pour fuir \u00e7a!\u2026 Messieurs, on dit y a pas de sot m\u00e9tier mais de m\u00e9tier de sots ; eh b\u00e9, je vous assure que \u00e7a, dans les conditions les b\u00e9k\u00e9s vous flanquent dedans, c\u00e9 plus raide que la mort, c\u00e9 plus raide que si on vous taillait le dos \u00e0 coup de cravache de lundi \u00e0 samedi soir! \u00bb (pages 32 et 33)\n<h5>Pourquoi le personnage s\u2019appelle t-il Diab\u2019la ?<\/h5>\nNous connaissons l\u2019importance des sobriquets et la facilit\u00e9 avec laquelle ils s\u2019octroient \u00e0 la Martinique mais nul ne sait pourquoi ? et pour qui ? On peut tout juste supposer que le refus d\u2019accepter l\u2019inacceptable qui est le lot quotidien des autres et \u00e0 l\u2019origine de ce surnom, donn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9vidence par ceux \u00e0 qui il emp\u00eache d\u2019exploiter la terre sans que ceux-ci daignent jeter un regard \u00e0 la condition des hommes.<br>\nD\u2019o\u00f9 vient-il ? De Morne-Vent ? Mais lequel : de Rivi\u00e8re-Pilote, de Saint-Esprit, du Fran\u00e7ois ? Nul ne sait. Il devient l\u2019arch\u00e9type de l\u2019homme conscient qui refuse l\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale et raciale\nDe plus Zobel \u00e9crit une langue qui va influencer le Chamoiseau de Chronique des sept mis\u00e8res et le Xavier Orville de L\u2019Homme au sept noms et des poussi\u00e8res en faisant entendre la langue cr\u00e9ole dans le fran\u00e7ais.\nEn ce sens, Zobel fait figure de pr\u00e9curseur (au moins pour la Martinique) dans la question de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire aux Antilles et le positionnement linguistique de l\u2019\u00e9crivain plong\u00e9 dans les difficult\u00e9s de la diglossie entre une langue dominante et une langue domin\u00e9e, vecteur de l\u2019identit\u00e9 culturelle des peuples qui l\u2019utilisent. Zobel rappelle que la pratique litt\u00e9raire est essentiellement pratique de la langue et la pratique de la langue, pratique de sens.<br>\nComme chez Jacques Roumain dans Gouverneurs de la Ros\u00e9e \u00e9crit en 1944, la question de l\u2019autosuffisance vivri\u00e8re est pos\u00e9e. De m\u00eame que Zobel affirme l\u2019urgence de la r\u00e9conciliation de nos espaces : la mer et la terre.\n<h5>Le conflit de la rupture<\/h5>\nLa Rue Cases-N\u00e8gres est un roman qui est une r\u00e9flexion sur l\u2019acte d\u2019\u00e9crire et sur la r\u00e9flexion lucide sur la rupture.<br>\nTout un chacun lit ce texte comme un voyage sur le chemin des origines alors qu\u2019il est, dans les faits, le r\u00e9cit d\u2019un exode qui va de la campagne (Petit-Morne) \u00e0 la ville (Fort-de-France), au continent europ\u00e9en (ce texte est \u00e9crit \u00e0 Fontainebleau) en passant par le bourg (Petit-Bourg ou Saint-Esprit).<br>\nCet exode rural ne l\u2019engage pas dans un retour \u00e0 la terre et aux valeurs ancestrales mais dans une rupture fondamentale. En fait la rue Cases N\u00e8gres devient un paradoxe, celui qui semble louer les valeurs de la terre, les valeurs de la ruralit\u00e9 quand il est, en fait, un hymne \u00e0 l\u2019urbanit\u00e9 naissante de la Martinique.<br>\nQuand Monsieur M\u00e9douze (l\u2019homme qui le rattache \u00e0 l\u2019Afrique, le conteur, l\u2019homme du mythe) meurt, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u2019annonce de la mort de l\u2019enfance de Jos\u00e9 et sa mort \u00e0 la rue Cases-N\u00e8gres.<br>\nQuand il r\u00e9ussit au Concours des Bourses, c\u2019est la rupture avec Man-Tine et le terroir (au sens de territoire) pour un d\u00e9part vers la ville.<br>\nDevenu une duplication de M. Roc, l\u2019instituteur, c\u2019est en se distinguant, en se s\u00e9parant d\u2019eux et de Petit-Morne qu\u2019il se r\u00e9alise. Il choisit de devenir un autre, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il choisit de rompre avec l\u2019originel.\nJe deviendrais un enfant du bourg. (p 107).<br>\nRenonciation avec le territoire originel aussi. C\u2019est un regard nouveau, critique et plein de remords, qu\u2019il jette sur la case de Man-Tine qu\u2019il avait fr\u00e9quent\u00e9 avec bonheur.<br>\nSa chambre \u00e9tait sale. Or, elle avait beau laver souvent les haillons de son grabat, rincer le moindre ustensile aussit\u00f4t apr\u00e8s usage, balayer le parquet chaque matin avant de partir, la chambre n\u2019en paraissait pas moins noire, crasseuse, humide, sentant aussi bien la vase, le bois pourri que, de temps en temps, un crapaud mort sous la plancher. Enfin, tous les miasmes qui s\u2019identifient aux n\u00e8gres ou de la mis\u00e8re (p 182).<br>\nImpression confirm\u00e9e par sa vision de la page 195.<br>\nLa Route Didier, tel qu\u2019on pronon\u00e7ait ces trois mots, n\u2019\u00e9tait-ce pas ce qu\u2019il y avait de plus merveilleux, de plus d\u00e9sirable et de plus respectable ! (p 195).<br>\nCe vocabulaire entach\u00e9 par le champ lexical de la r\u00e9ussite, de la jouissance ou de la respectabilit\u00e9 est soulign\u00e9 par nous.<br>\nRenonciation \u00e0 la main nourrici\u00e8re maternelle (relire la fin th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e du texte : Ses mains) et aussi de la langue maternelle. Quand il revient \u00e0 la rue Cases-N\u00e8gres, il note les murmures respectueux de ses anciens compagnons et la langue qu\u2019ils utilisent. \u00ab Le patois \u00bb dit-il. Et il construit un lieu \u00e0 son image.<br>\nBient\u00f4t la chambre de Man-Tine fut peupl\u00e9e de livres ; sur les soliveaux, sur des \u00e9tag\u00e8res que j\u2019avais fix\u00e9es partout. Encore un trait qui la distinguait des autres chambres de la cour Fusil (p 180).<br>\nRoman initiatique, la rupture se fait aussi au niveau politique :<br>\n\u2013 refus de la relation domestique impos\u00e9e par Mme L\u00e9once<br>\n\u2013 refus d\u2019\u00eatre redevable d\u2019un camarade plus ais\u00e9 (177)<br>\n\u2013 refus de l\u2019image raciste et pitoyable que lui renvoie le cin\u00e9ma<br>\n\u2013 construction d\u2019un projet \u00e9mancipateur collectif<br>\nToute entreprise dans un tel pays ne devrait-elle pas viser \u00e0 promouvoir le peuple ? (p 222).<br><br>\nLa plus grande rupture est celle du passage du narrateur Jos\u00e9 Hassam au scripteur Joseph Zobel. Le r\u00e9cit est le lieu de la mythologie. Jos\u00e9 est en relation avec la Guin\u00e9e mythique de M. M\u00e9douze, avec\nVireil dont la marraine-gag\u00e9e a promis son \u00e2me au Diable. Jos\u00e9 sait bien qu\u2019il lui est interdit de dire les contes et \u00ab titims \u00bb en plein jour (p 47). Joseph Zobel, en entamant l\u2019\u00e9criture de cette histoire, choisit de faire perdre aux mots leur caract\u00e8re magique. Il les d\u00e9barrasse de leur magie et de leur fonction mythologique pour les inscrire dans l\u2019ordre des hommes et du monde. La parole est lue, elle est entendue mais elle n\u2019est plus v\u00e9cue. Le roman est n\u00e9, rompant d\u00e9finitivement avec la tradition orale (dicton, proverbe et mythe), mais continue \u00e0 isoler Jos\u00e9 Hassam de Joseph Zobel.<br>\nRupture consomm\u00e9e avec le d\u00e9part \u00e0 Paris et la publication en 1953 de La f\u00eate \u00e0 Paris.<br>\nCe sont, peut-\u00eatre, ces \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il faut prendre en consid\u00e9ration et qui peuvent donner un d\u00e9but d\u2019explication sur ce long s\u00e9jour en Afrique et sur la rupture avec un pays qui l\u2019a marqu\u00e9 dans sa chair, avec un pays dont l\u2019organisation sociale refuse toute perturbation susceptible de la modifier dans ses fondements socio-\u00e9conomiques.\n<br><br>\nAlfred Largange dit que l\u2019\u0153uvre de Zobel englobe, d\u00e8s 1942, \u00ab les principaux enjeux que la litt\u00e9rature martiniquaise aurait \u00e0 embrasser pendant les d\u00e9cennies suivantes \u00bb. A la relecture de l\u2019\u0153uvre, Zobel semble revisiter, de mani\u00e8re personnelle, deux th\u00e8mes qui hantent la litt\u00e9rature antillaise. Il s\u2019agit du questionnement sur le p\u00e8re et sur le nom.\n<h5>La question du P\u00e8re<\/h5>\nExaminons la g\u00e9n\u00e9alogie de Jos\u00e9 \u00e0 la page 35.<br>\nElle commence avec le vieux b\u00e9k\u00e9, ma\u00eetre de l\u2019Habitation qui a impos\u00e9 une saillie (les amateurs de chevaux de course et d\u2019\u00e9talons comprendront l\u2019importance de ce mot !) \u00e0 toutes les femmes. La m\u00e8re de Man-Tine fait partie de sa descendance. Le p\u00e8re de Man-Tine semble s\u2019appeler Tonton Gilbert. D\u00e9lia est fille de Man-Tine et de M. Valbrun, le commandeur, qui attir\u00e9 par les rondeurs de la jeune femme lui soul\u00e8ve les jupons. Jos\u00e9 est n\u00e9 des amours de D\u00e9lia et d\u2019Eug\u00e8ne, le cocher de l\u2019Administrateur. Tous les p\u00e8res brillent par leur absence.<br>\nQui va occuper cette place de p\u00e8re aupr\u00e8s de Jos\u00e9 ? M. Roc instituteur de Jos\u00e9 et directeur de l\u2019\u00e9cole de Petit-Bourg qui se singularise par son ascendance, fils de mul\u00e2tre et par son habit qui dit son statut social.<br>\nIl portait un pantalon de toile blanche, pinc\u00e9 par devant de deux plis rigoureusement verticaux, et une veste, de m\u00eame tissu, garnie \u00e0 sa petite poche sup\u00e9rieure d\u2019une grosse cha\u00eene de montre en or (p 139).\nNotre sentiment envers M. Roc fut une admiration aussi respectueuse qu\u2019affectueuse. Nous\u2026 \u00e9tions fiers d\u2019avoir un tel ma\u00eetre, il nous \u00e9tait en m\u00eame temps tr\u00e8s agr\u00e9able de le craindre. Et tout ce qu\u2019il nous enseignait se pr\u00e9sentait \u00e0 nous sous un aspect passionnant et s\u00e9duisant m\u00eame dans les difficult\u00e9s (p 139).<br>\nCet homme est accept\u00e9 par Jos\u00e9 pour son autorit\u00e9 mais surtout pour le Savoir. Doit-on ajouter que les femmes tiennent le domaine de l\u2019affectif, alors que les hommes tiennent le champ du politique et de l\u2019\u00e9conomique (g\u00e9reur, commandeur, etc.) Il faut noter que la seule femme qui appartienne au champ du Savoir se voit \u00e9cart\u00e9 de l\u2019affectif de Jos\u00e9 par la nomination. Si le ma\u00eetre est nomm\u00e9, la ma\u00eetresse ne l\u2019est jamais. La question du P\u00e8re pose inexorablement la question du Nom.<br>\nLa m\u00eame probl\u00e9matique est repos\u00e9e par Zobel, sous une autre forme, dans la nouvelle Le Laghia de la mort quand il oppose un fils non reconnu \u00e0 son g\u00e9niteur. Dans Le Laghia de la mort, la violence est essentiellement de trois sortes :<br>\n\u2013 une violence de type ancestral<br>\nC\u2019est Ren\u00e9 Girard qui affirme que \u00ab l\u2019individu appartenant \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 est obligatoirement le relais d\u2019une violence enfouie et ancienne, une violence archa\u00efque qui remonte aux premiers temps \u00bb .<br>\n\u2013 une violence expiatoire<br>\nIl s\u2019agit, ici, d\u2019une violence qui veut expulser le mal. C\u2019est une violence de substitution, l\u2019expiation d\u2019un acte commis. Pour le fils, c\u2019est donc une mani\u00e8re de rachat, une violence de r\u00e9-identification qui conjugue destruction et reconstruction. D\u00e9truire est pour lui la seule fa\u00e7on de reconstruire son monde, de r\u00e9parer l\u2019affront subi, d\u2019\u00e9tablir un monde nouveau. En d\u00e9finitive, de se reconstruire.<br>\n\u2013 une violence sociale<br>\nIl faut avant m\u00eame de parler d\u2019irresponsabilit\u00e9 de l\u2019homme martiniquais, s\u2019attacher \u00e0 d\u00e9cortiquer toute une strat\u00e9gie et de d\u00e9rive du pouvoir.<br>\nSe d\u00e9barrasser de leurs rivaux potentiels, en leur coupant la reconnaissance sociale (le Nom !) s\u2019explique par la crainte fantasmatique (et donc en grande partie inconsciente) d\u2019\u00eatre d\u00e9chu.\n<h5>La question du Nom<\/h5>\nLa question du Nom hante la litt\u00e9rature antillaise et Zobel ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle.<br>\nNommer, c\u2019est faire exister<br>\nNommer, c\u2019est prendre possession.<br>\nEn entrant \u00e0 l\u2019\u00e9cole, pour selon sa volont\u00e9 de sa grand-m\u00e8re \u00e9chapper aux champs de canne et aux \u00ab tites bandes \u00bb, Jos\u00e9 change de monde. De Jos\u00e9, il devient Jos\u00e9 Hassam, \u00e0 la page 84. Patronyme, sur lequel il faut s\u2019interroger parce qu\u2019il fait intervenir une couleur moyen-orientale dans le texte. Autre immigration, double d\u00e9racinement de Jos\u00e9 ? Patronyme qui acquiert une autre puissance, le jour de la proclamation des r\u00e9sultats du Certificat d\u2019\u00c9tudes, \u00e0 la page 159.<br>\nJe \u2026. n\u2019entendais que la seule voix de l\u2019homme qui lisait les r\u00e9sultats\u2026 Hassam Jos\u00e9 !<br>\nCe nom \u00e9chapp\u00e9 de la bouche de l\u2019homme, me frappa en pleine poitrine, avec une violence \u00e0 me faire voler en \u00e9clats ;<br>\nJamais je ne m\u2019\u00e9tais entendu appeler de ce ton solennel. Jamais je n\u2019avais senti avec autant d\u2019acuit\u00e9 tout ce qui liait mon \u00eatre \u00e0 ces quatre syllabes<br>\nReconnaissance du nom, intronisation du patronyme, d\u2019autant qu\u2019il l\u2019est par un homme. Il est symptomatique que ce bapt\u00eame se fat le m\u00eame jour que son entr\u00e9e dans le cercle du Savoir. Donc de la possibilit\u00e9 de se construire Autre.<br>\nIl est int\u00e9ressant de rapprocher cet \u00e9pisode de l\u2019anecdote de la page 198 quand le p\u00e8re de Carmen prot\u00e8ge son fils d\u2019une mort \u00e0 laquelle il semble vou\u00e9 (les autres gar\u00e7ons \u00e9tant mort-n\u00e9s) en l\u2019affublant d\u2019un nom de fille. Pr\u00e9nom de fille, inversion des sexes mais donn\u00e9 par un homme qui veut tromper le destin et permettre au nouveau-n\u00e9 de jouir de la vie.\n<h5>Zobel r\u00e9gionaliste ?<\/h5>\nPlacoly dit dans un article \u00e0 propos de Zobel que Garcia Marquez a fond\u00e9 son univers romanesque sur l\u2019existence d\u2019un petit village de la Colombie, appel\u00e9 Macondo dans ses livres et qui ne d\u00e9passe pas la taille du quartier de Terres-Sainville.<br>\nJean Giono, tax\u00e9 de r\u00e9gionalisme, n\u2019a-t-il pas fait de la Provence, un haut lieu de la litt\u00e9rature europ\u00e9enne ?<br>\nAucune honte \u00e0 avoir d\u2019\u00eatre r\u00e9gionaliste quand, pour parler comme Ren\u00e9 M\u00e9nil, Joseph Zobel r\u00e9ussit \u00e0 aller \u00ab vers le monde et les biens de ce monde \u00bb, \u00e0 en exprimer \u00ab les besoins fondamentaux \u00bb quand il montre, dans chacun de ses ouvrages, sa volont\u00e9 de \u00ab changer l\u2019existence \u00bb en s\u2019adressant \u00e0 ceux qui souffrent les m\u00eames passions (la faim, l\u2019amour, la servitude, etc.). La mission de l\u2019\u00e9crivain est r\u00e9ussie quand il \u00ab part du monde pour aller au plus pur de chaque \u00eatre \u00bb. Et quand le personnage de Captain\u2019la, dans Diab\u2019la, vient jeter sur le monde un regard fa\u00e7onn\u00e9 par l\u2019exp\u00e9rience et l\u2019\u00e9rudition, c\u2019est aux N\u00e8gres d\u2019autres lieux, d\u2019autres continents qu\u2019il pense fortement. Panafricanisme, panam\u00e9ricanisme, en somme c\u2019est l\u2019humaine condition qui est sa pr\u00e9occupation.\n<h5>EN GUISE DE CONCLUSION<\/h5>\nJe pense avoir montr\u00e9 que Zobel est un \u00e9crivain martiniquais qui m\u00e9rite le respect. En aucun cas Joseph Zobel ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9crivain mineur de la litt\u00e9rature antillaise mais nous devons reconna\u00eetre en lui un fondateur.<br>\nA nous de continuer le voyage \u00e0 la rencontre de nous-m\u00eames en rendant le plus bel hommage qui soit \u00e0 l\u2019auteur, c\u2019est-\u00e0-dire en revisitant une \u0153uvre dans laquelle \u00ab l\u2019\u00e9nergie int\u00e9rieure de l\u2019\u00e9crivain, sa vision de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 litt\u00e9raire de l\u2019habitation et de la ville coloniale le place au m\u00eame niveau que les \u00e9crivains les plus marquants de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine, c\u2019est-\u00e0-dire celle qui proc\u00e8de de la gestation de nos soci\u00e9t\u00e9s, filles de l\u2019esclavage, de la domination \u00e9trang\u00e8re, et de la longue marche des n\u00e8gres pour s\u2019imposer au monde des \u00eatres humains \u00bb .<br><br><p style=\"text-align: right\">\n\nDaniel SEGUIN-CADICHE<\/p>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":327,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"pagelayer_contact_templates":[],"_pagelayer_content":"","footnotes":""},"class_list":["post-5975","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/5975","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/327"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5975"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/5975\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6023,"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/5975\/revisions\/6023"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/site.ac-martinique.fr\/lyc-josephzobel\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5975"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}