Les rivières: le cas de la rivière Capot.

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La rivière Capot, une rivière qui descend des Pitons du Carbet en direction du versant Atlantique.

La présence d’un tel relief explique en grande partie l’abondance des rivières que l’on trouve dans cette partie de la Martinique.

La plupart proviennent de la Montagne Pelée. D’autres proviennent des Pitons du Carbet.

L’une des plus fameuses est la rivière Capot qui traverse à plusieurs reprises la route de la Trace qui mène de Fort de France au Morne Rouge ainsi que le bourg lui même dans ses parties basses.

 

Un débit très irrégulier

Cette rivière, comme on le voit sur la carte, vient des Pitons du Carbet et se trouve alimentée par plusieurs affluents venus de la Montagne Pelée. C’est peut être là l’une des explications de son débit très irrégulier. La photographie renseigne déjà beaucoup sur son régime capricieux: son lit majeur serait effectivement bien plus étendu qu’il n’y paraît.

Généralement, les débits des rivières sont faibles car les sols de cette partie de la Martinique ne comprennent pas d’argiles. On y trouve plutôt des allophanes, des sables andésitiques et des pierres ponces, ce qui les rend  très perméables. Ces sols peuvent ainsi contenir jusqu’à 200% d’eau. Très spongieux, ils subissent des infiltrations et un lessivage constant. Ainsi même avec des précipitations énormes,  l’eau ne s’écoule que très difficilement sur de telles surfaces.

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La rivière Capot peu après une crue: on remarque l’importance du lit de la rivière en crue à l’apparence de la végétation.

L’écoulement moyen quotidien de la rivière Capot est donc faible comme dans la plupart des rivières du Nord de la Martinique. On l’entend généralement entre 0,4 et 1,3 m³ par seconde en saison sèche décuplant à près de 10m³ jusqu’à 15m³ par seconde en saison des pluies..

 

Des crues exceptionnelles: la logique du bassin versant.

Mais des perturbations atmosphériques exceptionnelles peuvent amener des crues incroyables. On aurait mesuré sur cette rivière des débits avoisinant les 500 à 600 m³ par seconde. A titre de comparaison, ce débit est à peu près celui du Rhône, un des plus puissants fleuves de France, l’été (environ 600m³ par seconde).

De tels débits s’expliquent en grande partie du fait de l’étroitesse des bassins versants*. Et pour cause: lle relief très chaotique de cette partie nord de l’île fait que plus de la moitié des terres sont soumises à des pentes de 20%.jusqu’à 50%.. A titre d’illustration, la pente moyenne est de 14% au Morne Rouge !

Conséquence logique: la moyenne des bassins versants n’est que de 3 km². En clair: la présence de pentes aussi fortes provoque des crues aussi brutales que soudaines sur les cours d’eau du Nord Caraïbe. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus instables que les cours d’eau du versant atlantique. Et beaucoup plus brutaux comme le montre l’exemple de la Roxelane, la rivière qui longe la route qui descend du Morne Rouge à Saint Pierre. Elle prend sa source à plus de 1000m sur la Montagne Pelée et sa pente moyenne est de 10%. Son régime n’est que de 3m³ d’eau par seconde. Mais lors d’une crue en 1995, on aurait mesuré un débit de près de 120m³ par seconde. L’image que l’on peut retenir, c’est celle d’une  vague de 2m de haut sur 20 de large.

Lexique:
Bassin versant: Ensemble des surfaces qui, par le ruissellement des précipitations qu’elles reçoivent, alimentent à elles seules un cours d’eau.